POLITIQUE
12/09/2018 10:55 CEST | Actualisé il y a 5 heures

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Des déclarations qui tombent mal au moment où Alexandre Benalla insulte le Sénat.

POLITIQUE - En plein bras de fer entre Alexandre Benalla et le Sénat, le gouvernement s'en prend ouvertement à la commission d'enquête, regrettant une "instrumentalisation politique" des sénateurs. Une stratégie de communication risquée alors qu'Emmanuel Macron préférerait tourner la page d'une rentrée politique calamiteuse pour se concentrer sur ses réformes.

Alors que le gouvernement entend donner une forte visibilité au plan pauvreté présenté ce jeudi par le président de la République et qu'il devra compter sur le soutien du Sénat pour faire passer sa révision de la Constitution, les critiques de plusieurs ministres visant la Chambre haute et le président de sa commission d'enquête n'ont fait que jeter de l'huile sur le feu, offrant une très large publicité à la reprise des travaux de la commission ce mercredi.

Séparation des pouvoirs... dans les deux sens

En prenant position sur ce dossier hautement politique, la ministre de la Justice a concentré l'essentiel des critiques. "Il va de soi que personne n'est dupe de ce qui s'est passé cet été, de l'instrumentalisation de ce qui est au départ une dérive personnelle, et il va de soi qu'il y a toujours une lecture politique à chacun de ces actes", a estimé ce mercredi sur France Inter Nicole Belloubet, qui avait justifié la veille le refus d'Alexandre Benalla de comparaître devant le Sénat au nom de la séparation des pouvoirs. "Il ne peut pas y avoir d'interférences" entre une commission d'enquête et une information judiciaire, avait-elle jugé, piquant au vif le chef enquêteur du Sénat Philippe Bas.

"J'ignorais que [Mme Belloubet] était le conseil juridique de monsieur Benalla", avait répliqué le président de la Commission des Lois en menaçant l'ancien employé de l'Elysée de lui envoyer des huissiers s'il refusait de se rendre à sa convocation.

Si Nicole Belloubet affirme avoir voulu défendre la séparation des pouvoirs qui interdit au politique d'empiéter sur les plates-bandes de la justice, la ministre se voit désormais reprocher d'avoir elle-même porté atteinte à cette séparation de principe, qui prévoit que l'exécutif ne peut dicter sa volonté au pouvoir législatif. "Je suis très étonnée de la prise de la position de la garde des Sceaux depuis hier: pourquoi est-elle allée s'exprimer dans une affaire dans laquelle il faut veiller de manière précise à la séparation des pouvoirs?", dénonce la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie.

"J'engage Mme Belloubet à beaucoup de prudence, nous n'avons pas de leçons à recevoir de l'exécutif sur le bon fonctionnement du Parlement", a renchéri son collègue Patrick Kanner sur Public Sénat.

L'attitude du gouvernement a choqué y compris chez les députés. Le député socialiste Luc Carvounas a jugé "incroyable" que ministre "torpille la commission d'enquête parlementaire" et que la "garde des sceaux donne son opinion sur l'affaire". La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est comportée "comme l'avocat de Benalla. Cela en dit long sur ce gouvernement qui, manifestement, développe un irrespect total pour nos institutions", a également attaqué sur RTL Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (ex FN).

Le Sénat piqué au vif

Déjà compliquée, l'affaire menace désormais de tourner au vinaigre entre le gouvernement et le Sénat, très jaloux de ses prérogatives. D'autant qu'à l'Assemblée nationale, certains députés de la majorité vont jusqu'à attaquer leurs collègues du Palais du Luxembourg. "Pour des raisons bassement politiques, le Sénat s'érige aujourd'hui en juge. Il piétine les droits de la défense, la séparation des pouvoirs et nos principes essentiels, s'insurge l'avocat et député LREM Raphaël Gauvain.

Moins virulent mais tout aussi critique, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux n'hésite pas à sous-entendre que la commission sénatoriale serait téléguidée par des motifs politiques. Le président de la commission d'enquête au Sénat en fait "une aventure politique personnelle, mais je crois qu'il ne gagnera pas", accuse l'élu de Paris.

"Je regrette une chose, c'est qu'au Sénat, la commission parlementaire ne soit pas présidée par quelqu'un qui puisse venir de La République En Marche" comme cela avait été le cas à l'Assemblée, a-t-il déploré sur France Info, en soulignant que l'enquête est uniquement aux mains de l'opposition socialiste et LR.

"Vous avez vu comment a fonctionné la commission d'enquête à l'Assemblée avec votre majorité? Elle a écrasé l'affaire Benalla!", lui a répondu le sénateur Patrick Kanner. Le Sénat est actuellement dirigé par une majorité de droite. Les commissions d'enquête sont traditionnellement présidées par un élu de la majorité. Dirigée par la députée LREM Yaël Braun-Pivet, la commission d'enquête à l'Assemblée nationale s'était auto-dissoute pendant l'été, l'opposition dénonçant l'obstruction du parti présidentiel qui refusait notamment de convoquer Alexandre Benalla.

"Le mépris, le déni permanent de démocratie de LREM sous l'égide du gouvernement relance sans cesse cette affaire", s'étrangle la députée LR Valérie Boyer. Ambiance.

Quant aux injures proférées par Alexandre Benalla à l'égard du Sénat, elles ne font qu'aggraver la situation. "Il a des propos déplacés, offensants [...] Je ne laisserai pas insulter l'institution qu'est le Sénat", s'est agacé sur LCI le président de la Chambre haute Gérard Larcher, en rappelant la "souveraineté" de la Commission d'enquête.

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